Après « Lucie in the sky » de Lucie Tagnon, « Chrysalides » de Fleur Sizaire, « Fêlée », d’Isabelle Félix, « Toi, te taire » rejoint la collection « Lucie » à notre grand bonheur.
Isabelle Collet écrit ses phrases comme des pas de danse, avec délicatesse et détermination. Elle valse depuis longtemps avec les mots. Le temps de rassembler son histoire dans un livre est venu.
Elle a cousu un à un les morceaux d’enfance et d’adolescence dans des textes doux et poétiques. Son parcours n’est pas lisse, elle a connu la rudesse, l’emprise, le sombre et le ciel noir mais la joie vive ne l’a jamais quittée, et ses fuites lumineuses ont été portées par cette force-là.
Isabelle travaille avec les Ateliers de l’escargot depuis plus de dix ans, nous adorons son écriture, sa douceur, sa présence vive et pétillante, sa créativité infinie. Nous sommes très heureuses d’accompagner cette aventure de l’édition. Suivez-nous cette fois encore!
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« Toi, te taire », c’est l’histoire d’une femme qui se libère des injonctions familiales et conjugales.
Petite fille des années 70, elle grandit dans un milieu rural et conservateur dans lequel elle étouffe. À 16 ans, elle croit se sauver en se jetant dans les bras d’un garçon punk et fantasque. Elle connaît l’amour fou, passionné, vibrant. Mais l’habitude de la prison est ancrée et insidieusement, elle se laisse à nouveau enfermer dans une cage qui n’est même pas dorée. L’amour de jeunesse perd doucement de ses couleurs pour devenir ténèbres et elle finit par s’enfuir une fois encore. Mais comment se sentir libre, comment résister à l’attrait de la claustration quand on n’a rien connu d’autre?
Quand j’ai rencontré mon amoureux, le jour de mes 16 ans, j’ai cru qu’il prendrait soin de moi et de notre relation comme j’ai tenté de le faire et je m’en suis remise à lui. Je regarde les veines bleutées de ma main. Je me rappelle combien il aimait suivre leurs trajets jusqu’à mon avant-bras. Il déposait un baiser dans le pli. Il me souriait. J’avais imaginé que notre couple s’étendrait jusqu’aux bouts de nos vies.
C’est en explorant les rudesses vécues dans l’enfance, en démontant un système familial rigide et scellé par des non-dits que l’héroïne force les verrous et transforme les mémoires figées. Elle écrit les duretés et les beautés d’une vie à la ferme, elle écrit la magie de l’amour adolescent et sa violence, elle écrit les silences pesants et les gestes empêchés de sa mère, elle écrit la colère de son père, et mot après mot, elle retrouve la parole.
« Toi, te taire », c’était l’injonction de son père. Les enfants n’avaient rien à dire, n’avaient pas à dire. Isabelle Collet écrit, et elle ne se taira plus.


