Depuis février 2017, nous animons des ateliers d’écriture en prison. Un livre de correspondances entre les détenus et des étudiants du Kot des Droits de l’Homme a été publié par le CAL Charleroi.
Différents thèmes ont été abordés dans ces correspondances, liées au film de Yann Arthus Bertrand « Human » comme l’amour, la mémoire, la liberté, etc.
Des autocollants ont également été réalisés et distribués/collés dans la prison.
Nous travaillons actuellement à un projet de recueil de poésies.

Extraits du livre « Ici et là-bas » :

Je suis un homme privé de liberté, un homme qui le mérite pour tous les vols que j’ai commis.
Je suis un homme malheureux, triste et qui n’ai pas eu de chance dans la vie, j’espère que cette chance tournera.
Je suis un homme meurtri par la vie qui ne m’a nullement fait de cadeaux.
Je suis un homme qui a encore besoin de grandir et de me reconstruire.
Je suis un homme plein de projets à qui il reste peu de temps pour les concrétiser mais je patiente en attendant de retrouver ma liberté !


Je t’aime tellement que je peux mourir pour toi. Je t’aime tellement que je peux donner ma vie pour toi. Je t’aime tellement que je traverse la mer à la nage pour te rejoindre. Je t’aime tellement que je peux te donner tout ce qui m’appartient. Je t’aime tellement que quand tu es malade, je suis malade. Je t’aime tellement que lorsque tu t’absentes, je suis triste. Je t’aime tellement que je rêve de toi tous les jours. Je t’aime tellement que quand je ne te vois pas, je suis malade.


Ce que je ne pourrai jamais oublier…

Ma première expérience au cachot après avoir été arrêté avec mon grand frère pour un vol.
Je pense que je n’avais que 12 ans. Je me souviens pas vraiment du vol et de l’arrestation, non.
Ces murs sales et cette lumière jaunâtre moisie comme les murs et la paillasse avec cette couverture pliée qui sentait la saleté et la misère.
Je me rappelle de mes cris pour demander à mon grand frère et des questions sur notre sort.
Et le temps. Oui, surtout le temps qui s’était pour moi arrêté. D’ailleurs, je me souviens que je comptais, enfin que j’essayais de faire passer le temps. Je me disais de compter de 1 à 60 pour faire passer les minutes. Tellement je souffrais du temps qui pour moi s’était arrêté dans le désespoir.